Pour connaître les activités du groupe Peuples Solidaires du Pays d'Aubagne
En 2007 Jorge Acosta crée ASTAC (Association syndicale des travailleurs agricoles et paysans). « A l’époque, j’étais pilote d’épandage aérien. Nous avons initié une plainte contre les fabricants de pesticides aux États-Unis, parce que mes collègues et moi-même, qui travaillions dans la fumigation, commencions à avoir de graves problèmes de santé. Puis, de nombreuses personnes m’ont contacté, disant que les pesticides n'étaient pas le seul problème et qu'elles étaient affectées par une série de violations de leurs droits. Ce fut le début d'un rapprochement avec des travailleur·se·s du secteur et certain·e·s habitant·e·s des villages eux aussi impactés. »
L'Équateur est l'un des principaux producteurs de bananes, ses exportations constituent 30% du marché mondial. Cette industrie repose massivement sur la monoculture qui entraîne une utilisation intensive de produits agrochimiques (pesticides, herbicides, etc). Des millions de tonnes de bananes équatoriennes sont vendues chaque année, l'Union Européenne est le principal acheteur. Union Européenne qui interdit l’utilisation d’environ 200 substances actives, sur son sol, mais autorise leur production pour l’exportation !
Vendredi 3 octobre, le groupe Peuples Solidaires accueille Chloé Rousset, salariée de la fédération « Action Aid France», Diana Montoya, syndicaliste et José Barahona, avocat, représentants d’ASTAC. Ils terminent à Aubagne une tournée européenne commencée deux semaines plus tôt.
Au cercle de l’Harmonie, où nous organisons la rencontre, une trentaine de personnes sont venues les écouter et discuter avec eux. La soirée débute par la projection du documentaire « les maux de notre alimentation » qui, en 5 courts épisodes, - que vous pouvez visionner gratuitement- évoque la situation des travailleurs-ses dans les plantations de bananes https://www.youtube.com/playlistlist=PLnY4lgPArSbR_Y1F9HthVhR2CEZ_FX_5D
Diana et José expliquent la spoliation de terres ancestrales, les violences sexuelles et sexistes, l’empoisonnement aux pesticides, la répression syndicale. Ils expliquent comment ils s'efforcent d'améliorer le respect des droits, de la santé et de la sécurité des travailleur·se·s et des communautés vivant à proximité des plantations, ainsi que de limiter les effets négatifs sur l'environnement.
A Bruxelles, ils ont rencontré des euro-députés pas toujours sensibles à leurs revendications. « Business is business » ! Et avec ActionAid France, FIDH et ASTM-Luxembourg, ASTAC a déposé une plainte auprès de la Commission européenne, pour non-respect des clauses sociales contenues dans le traité de libre-échange entre l'Europe et l’Équateur. En effet, quand l’Équateur, la Colombie et le Pérou, en 2017 ont adhéré à un accord commercial avec l'Union européenne, ces états s’engageaient à garantir et à promouvoir les normes fondamentales en matière de travail, de droits humains et d'environnement.
Cette plainte se concentre en particulier sur le non-respect de la liberté d’association et du droit à la négociation collective, la criminalisation des personnes syndiquées, le non-respect du droit du travail, du droit environnemental et l’inaction de l’État face à l’empoisonnement aux pesticides des travailleur·euse·s. Par cette stratégie ASTAC a pour objectif de démontrer l’impact des violations des droits humains et environnementaux sur le commerce, et de contraindre la Commission européenne à enquêter, à reconnaître ces violations et à exiger de l’État équatorien qu’il respecte la loi.
Deux heures d’échanges passionnants aux dires de l’assistance, sur la réalité vécue dans les plantations de bananes là-bas, les liens possibles avec les luttes syndicales et paysannes ici, notre rôle en tant que consommateur, Chloé, bien rodée en cette fin de tournée, a brillamment assuré la traduction de l’espagnol au français et vice-versa.
Il est tard, Diana et José reprennent l’avion très tôt le lendemain matin, il faut presque mettre les participants à la porte pour rendre la salle.
Pour terminer nous remercions le cercle de l'Harmonie pour leur communication sur cette rencontre, leur accueil et la logistique.
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